Que faire de son compost quand on vit en appartement ?

Transformer des épluchures en engrais naturel sans jardin ni balcon semble au départ un peu théorique. Pourtant, avec un composteur d’intérieur bien choisi et quelques habitudes simples, le compostage en appartement devient une routine aussi banale que sortir le tri. Le principe : détourner ses biodéchets en appartement de la poubelle pour les confier à des ... Lire plus
Julien Mercier
découvrez des astuces pratiques pour gérer et valoriser votre compost en appartement, même sans jardin, afin de réduire vos déchets et nourrir vos plantes d'intérieur.

Transformer des épluchures en engrais naturel sans jardin ni balcon semble au départ un peu théorique. Pourtant, avec un composteur d’intérieur bien choisi et quelques habitudes simples, le compostage en appartement devient une routine aussi banale que sortir le tri. Le principe : détourner ses biodéchets en appartement de la poubelle pour les confier à des micro-organismes, voire à des vers, qui les transforment en ressource utile pour le jardinage urbain. Reste ensuite une question très concrète : que faire de tout ce compost quand on vit dans 40 m², avec deux plantes vertes et un pot de basilic sur le rebord de fenêtre ?

Cette interrogation revient souvent chez les citadins qui se lancent dans la réduction des déchets. Entre l’obligation de tri des biodéchets depuis 2024, la montée des composteurs partagés et les offres de compostage sans jardin, l’appartement n’est plus un frein. Encore faut-il savoir comment dimensionner son installation, choisir entre lombricompostage, Bokashi ou petit composteur de balcon, et surtout organiser la gestion des déchets ménagers pour éviter odeurs, moucherons et débordements. L’objectif de ce guide : donner des gestes concrets, du choix du dispositif jusqu’aux différentes manières d’utiliser ou de partager son compost, pour que chaque geste en cuisine trouve sa place dans une boucle vertueuse.

En bref

  • Composter en appartement repose sur un contenant adapté (lombricomposteur, Bokashi, composteur de balcon) et un bon équilibre entre matières humides et sèches.
  • Les biodéchets en appartement se trient : certains sont parfaits pour le compost, d’autres à limiter, quelques-uns à exclure totalement.
  • Un composteur d’intérieur bien géré ne dégage pas d’odeur forte et ne doit pas attirer de nuisibles.
  • Le compost produit sert pour les plantes d’intérieur, les bacs de balcon, les potagers partagés ou peut être déposé dans un composteur collectif.
  • Le recyclage des déchets organiques réduit nettement le volume de poubelle grise et améliore la qualité du sol là où il est utilisé.

Compostage en appartement : comprendre ce que devient vraiment votre compost

Avant de se demander où verser son compost, il est utile de comprendre ce qui se passe dans le bac. Le compostage, même en version miniature dans un seau sous l’évier, reste une décomposition naturelle orchestrée par bactéries, champignons et, selon la méthode, vers de compost. Ces organismes transforment vos restes de cuisine en une matière sombre et grumeleuse qui rappelle un terreau forestier. Cette transformation n’est pas instantanée : elle suit plusieurs étapes, chacune avec un aspect et une odeur différente.

Dans un composteur d’intérieur, la première phase est souvent un peu « chaotique ». Les épluchures sont encore visibles, l’humidité varie, et on peut voir apparaître un léger duvet blanc de champignons sur certains déchets. C’est plutôt bon signe, tant que l’odeur reste proche de celle d’une forêt humide. La phase suivante correspond à une homogénéisation progressive : les déchets se tassent, se mélangent, la couleur brunit. À ce moment-là, beaucoup de débutants ont l’impression d’avoir du compost fini. En réalité, il reste souvent quelques semaines de maturation avant d’obtenir un produit stable, vraiment assimilable par les plantes.

Un signal simple aide à juger : quand on ne distingue presque plus l’origine des déchets (plus de morceaux de carotte reconnaissables, ni de bouts de salade identifiables), que la texture s’effrite entre les doigts et que l’odeur évoque la terre de sous-bois, le compost est utilisable. À l’inverse, si des zones restent collantes, très compactes ou dégagent une odeur de fermentation, mieux vaut patienter. Cette phase de maturation est d’autant plus importante en lombricompostage que les vers laissent derrière eux un compost très concentré en nutriments.

Pour les citadins, un point compte particulièrement : la vitesse de production. Dans un studio occupé par une personne qui cuisine peu, il faut parfois plusieurs mois pour remplir un seul bac. À quatre avec une cuisine quotidienne, le même bac se remplit en quelques semaines. Il est donc judicieux d’ajuster la taille du dispositif à la quantité de déchets produits. Une des erreurs fréquentes consiste à acheter un grand composteur de balcon « au cas où », qui reste à moitié vide et se dégrade mal par manque de matière. À l’inverse, un petit lombricomposteur saturé trop vite se déséquilibre et commence à sentir mauvais.

Une fois ces bases comprises, la question « Que faire de mon compost ? » devient plus simple : il s’agit de planifier ses usages en fonction du rythme de production. Certains choisissent d’alterner périodes d’utilisation intense pour rempoter ou créer des bacs sur balcon, puis phases de stockage dans un sac ou un seau fermé, le temps que les plantes réclament de nouvelles réserves. L’idée à retenir : un compost bien mûr se conserve plusieurs mois sans problème, à l’abri de la pluie directe et du soleil brûlant, ce qui laisse du temps pour trouver la bonne destination.

découvrez des astuces pratiques pour gérer et utiliser votre compost en appartement, même avec un espace limité. transformez vos déchets organiques en ressources utiles facilement.

Pour ceux qui souhaitent aller plus loin sur la suite de la chaîne, un article comme que faire de son compost une fois qu’il est prêt donne des pistes détaillées d’utilisation en potager, massif ou bac de culture. Même sans jardin, ces repères servent à doser et à éviter les excès sur quelques pots d’intérieur.

A lire également :  Ces déchets qu'il ne faut jamais mettre au compost

Recyclage des déchets organiques et impact sur la poubelle de l’appartement

Un ménage urbain qui cuisine un minimum remplit vite un sac de déchets ménagers. Une bonne partie, parfois plus d’un tiers, est composée de restes organiques qui pourraient aller au compost. Une fois qu’on installe un seau à biodéchets et un système de compostage en appartement, la poubelle grise se vide bien plus lentement. Certains locataires racontent qu’ils ne sortent plus ce sac qu’une fois tous les dix jours, là où il fallait auparavant le descendre tous les deux jours.

Cette baisse n’est pas qu’un confort domestique. Les déchets organiques envoyés en collecte classique finissent souvent brûlés ou enfouis, avec à la clé du méthane et des trajets en camion supplémentaires. En gardant ces matières sur place, on bascule vers une gestion des déchets ménagers plus cohérente : le compost devient un maillon local du cycle, plutôt qu’un fardeau pour les services de collecte. Dans un immeuble où plusieurs voisins s’y mettent, les conteneurs communs débordent moins vite, ce qui améliore aussi la propreté des locaux poubelles.

L’impact se voit aussi sur l’organisation en cuisine. Quand on sait que chaque pelure de carotte aura une seconde vie, on trie différemment, on hésite moins à cuisiner frais, et l’on commence parfois à regarder d’un autre œil les trognons et fanes, qui peuvent être cuisinés ou valorisés. Soit dit en passant, certains foyers constatent une baisse des sacs poubelle achetés dans l’année, ce qui compense en partie le coût initial du composteur.

En résumé, un compost qui trouve son usage ne se résume pas à de la terre en plus. Il transforme la façon de gérer sa cuisine et sa poubelle, ce qui est finalement le vrai changement de cap.

Quels composteurs d’intérieur choisir quand on n’a ni jardin ni balcon ?

Pour savoir quoi faire du compost, il faut d’abord savoir comment il sera produit. Trois grandes solutions dominent aujourd’hui pour le compostage en appartement : le lombricompostage, la méthode Bokashi et le petit composteur de balcon ou de terrasse. Chacune a ses atouts, ses contraintes et surtout une manière différente de produire un engrais naturel exploitable.

Le lombricomposteur fonctionne avec des vers spécifiques, souvent des Eisenia, qui consomment les restes de cuisine et les transforment en « turricules », c’est-à-dire leurs déjections riches en nutriments. Le plus souvent, ce type de bac est constitué de plusieurs plateaux empilés : on remplit le plateau du haut, les vers montent chercher la nourriture, et quand celui-ci est plein, on le laisse finir de se décomposer pendant qu’on remplit le plateau suivant. En bas, un robinet permet de récupérer le « thé de compost », un liquide brun qu’on dilue dans l’eau d’arrosage.

Le Bokashi, d’origine japonaise, repose sur une fermentation anaérobie. On dépose les restes de repas dans un seau hermétique, on saupoudre un activateur contenant des micro-organismes efficaces, puis l’on ferme. Une fois plein, le seau reste bloqué une quinzaine de jours, sans nouvelle entrée de déchets. On obtient alors une matière précompostée qu’il faudra mélanger à de la terre ou à un tas de compost existant pour finir la décomposition. Le Bokashi produit lui aussi un liquide fertilisant, à utiliser avec prudence car très concentré.

Le composteur de balcon, enfin, ressemble davantage à un mini composteur de jardin. Il s’agit d’une caisse ou d’un bac, parfois isolé, où l’on alterne couches de déchets humides et couches de matières sèches (carton brun, feuilles mortes, broyat). Il n’est pas toujours relié au sol, ce qui impose parfois d’ajouter un peu de terre du commerce pour apporter des micro-organismes au départ. Ce type de dispositif convient mieux à ceux qui ont au moins un petit extérieur, même réduit, car il peut occuper un coin de balcon.

Type de composteur Atouts principaux Points à surveiller Usage du compost
Lombricomposteur Peu d’odeurs, format compact, production régulière de compost et de thé de compost Sensibilité des vers à la chaleur/froid, certains déchets à éviter (ail, oignon, agrumes en excès) Parfait pour plantes d’intérieur et bacs de balcon, à utiliser en fines couches
Bokashi Accepte plus de types de déchets, seau fermé discret, très peu d’odeurs quand bien géré Nécessite une phase de compostage ou mélange avec terre après fermentation Mélangé à de la terre pour créer un substrat riche, ou intégré à un compost collectif
Composteur de balcon Capacité plus grande, fonctionnement proche d’un compost de jardin Besoin d’aération et d’un bon ratio humides/secs, sensibilité aux conditions météo Très adapté aux bacs de culture sur balcon ou terrasse végétalisée

Pour un studio sans balcon, le lombricomposteur tient souvent la corde. Il trouve sa place sous un évier, dans un cellier, voire dans une entrée. À condition de garder une température raisonnable et d’éviter les chocs (on oublie le coin de passage où il se fait bousculer en permanence), les vers travaillent de façon discrète, sans bruit ni odeur marquée. Le point à retenir : commencer doucement, avec de petites quantités de déchets, le temps que la colonie s’équilibre.

Dans une cuisine familiale avec beaucoup de restes, le Bokashi peut absorber davantage de volume, y compris des aliments cuits, des restes de viande en petite quantité ou des produits laitiers, que les vers supportent mal. Le revers : il faut anticiper l’étape suivante, car la matière fermentée doit être mélangée à de la terre ou déposée dans un autre compost. Ceux qui n’ont aucun accès à un espace vert se tournent alors vers un compostage sans jardin organisé avec une association, un voisin qui dispose d’un potager, ou un bac collectif.

Pour un balcon ou une petite terrasse, un mini composteur classique peut suffire, surtout si des plantes en bac sont déjà présentes. On alimente le compost avec les épluchures, et on réutilise le produit obtenu pour enrichir les bacs. Un article comme comment démarrer un composteur et où l’installer détaille les bons emplacements et les astuces de démarrage, utiles même à petite échelle.

A lire également :  Pourquoi faire du compost : 5 bonnes raisons de s'y mettre

Au final, le meilleur composteur est celui qui correspond à la fois à la quantité de déchets produite, à l’espace disponible et au temps que l’on est prêt à y consacrer. Un choix réaliste dès le départ évite bien des frustrations.

Que mettre (ou pas) dans un composteur d’appartement pour un engrais naturel de qualité

Une fois l’équipement choisi, tout se joue dans ce qu’on y met. Le recyclage des déchets organiques ne signifie pas que tout ce qui vient de la cuisine peut rejoindre le bac sans distinction. Dans un appartement, où l’espace est limité et les risques d’odeurs plus gênants, le tri des apports fait la différence entre un compost qui se décompose bien et un seau qui devient désagréable.

Première catégorie : les déchets « faciles ». Ce sont les épluchures de légumes, les trognons de pomme, les restes de fruits, le marc de café avec son filtre en papier, les sachets de thé sans agrafe, les fleurs fanées, et, en petite quantité, les mouchoirs ou essuie-tout non imprimés. Ces matières se décomposent vite et nourrissent efficacement les micro-organismes et, s’il y en a, les vers. On peut les considérer comme la base quotidienne du compostage en appartement.

Deuxième catégorie : les apports à manier avec modération. Les coquilles d’œufs, par exemple, se décomposent très lentement. Les broyer au maximum aide, mais même ainsi, elles restent visibles longtemps. Les noyaux d’avocat ou de pêche, le bois très dur, les grandes tiges coriaces entrent dans la même famille. Ils ne sont pas « interdits », mais s’ils remplissent une bonne partie du bac, le compost final sera truffé de morceaux incomplets qui gênent pour un usage en pot.

Troisième catégorie : les indésirables. Tout ce qui est plastique, verre, métal, tissus synthétiques reste étranger au compost, même en tout petits morceaux. Les huiles de friture, les sauces très grasses ou les produits d’entretien chimiques perturbent aussi la vie microbienne. À la maison, le réflexe le plus sûr consiste à se demander, avant de jeter : « Est-ce que cela pourrait se dégrader naturellement dans un sous-bois ? » Si la réponse est non, direction la poubelle classique.

Le cas particulier de la viande, du poisson et des produits laitiers mérite un mot. Dans un Bac classique ou un lombricomposteur, ils posent problème : odeurs fortes, risques d’asticots, déséquilibre du mélange. Dans un système Bokashi, en revanche, ces restes peuvent être intégrés en petites quantités grâce à la fermentation anaérobie. Mais même là, mieux vaut ne pas remplir tout le seau de restes de viande, sous peine d’obtenir un résultat difficile à gérer ensuite.

Équilibrer matières humides et matières sèches pour éviter les odeurs

Un truc qui change tout : la proportion entre ce qu’on appelle les matières « vertes » (souvent humides, riches en azote) et les matières « brunes » (sèches, riches en carbone). Les premières sont vos épluchures, vos restes de fruits et légumes. Les secondes sont le carton brun sans encre, les boîtes à œufs déchirées, les petits morceaux de papier kraft, voire des copeaux de bois non traités.

Sans matière sèche, le compost devient vite collant, compact, et peut dégager des odeurs de fermentation. Dans une cuisine, ce n’est agréable pour personne. Un réflexe simple consiste à garder à portée de main un sac ou une boîte de carton déchiré. À chaque apport d’épluchures, on ajoute une poignée de brun. L’ensemble reste plus aéré, plus facile à mélanger, et plus stable.

Pour un composteur d’intérieur avec vers, cet équilibre évite aussi l’asphyxie des animaux : ils circulent plus facilement dans un milieu ni trop mouillé ni trop sec. Quelques jardiniers urbains notent d’ailleurs que les moucherons apparaissent surtout dans les bacs trop humides, où des restes de fruits sucrés s’accumulent en surface sans être recouverts de matière sèche.

En résumé : ce qu’on met dans le compost conditionne autant la qualité finale que le confort d’usage dans l’appartement. Un tri réfléchi permet ensuite d’utiliser l’engrais obtenu en toute confiance sur les plantes.

Utiliser son compost en appartement : plantes d’intérieur, balcon et circuits partagés

Une fois le compost mûr, la question revient : où le mettre quand on n’a ni jardin ni grand potager ? La réponse passe par plusieurs pistes complémentaires. La première, la plus évidente, consiste à l’utiliser pour les plantes déjà présentes à la maison. Même quelques pots rassemblés sur une étagère représentent un débouché régulier, à condition de ne pas surdoser.

Sur les plantes d’intérieur, le compost s’emploie plutôt en surfaçage. On enlève délicatement un peu de terre en surface, on remplace par une fine couche de compost tamisé, puis on arrose. Un apport de 1 à 2 centimètres une à deux fois par an suffit largement. Verser 50 % de compost pur dans un pot étroit risque de brûler les racines les plus fragiles et de retenir trop d’eau. Là encore, tout est question de mesure.

Sur un balcon ou une loggia, le compost devient un allié précieux du jardinage urbain. Mélangé à un terreau classique pour rempoter des géraniums, des tomates cerises ou des aromatiques, il améliore la structure du substrat et sa capacité à retenir l’eau. Dans les bacs plus grands, on peut créer un mélange moitié terreau, quart compost, quart terre végétale. Les plantes y trouvent de quoi se nourrir plusieurs mois, ce qui limite la fréquence des apports d’engrais liquides.

Le « thé de compost » issu d’un lombricomposteur ou d’un Bokashi dilué dans l’eau d’arrosage apporte, lui, un coup de pouce ponctuel. La règle de base consiste à le diluer fortement avant application, faute de quoi les racines peuvent être agressées par une concentration excessive en nutriments. Utilisé toutes les trois à quatre semaines en saison de croissance, il soutient bien les plantes gourmandes comme les tomates, les basilics ou les piments cultivés en pot.

Partager son compost quand on produit plus que ce qu’on utilise

Dans certains foyers, le volume de compost produit dépasse largement les besoins de quelques pots. Plutôt que de stocker indéfiniment des seaux de matière prête, il devient intéressant de se tourner vers des circuits partagés. De plus en plus de villes mettent en place des composteurs collectifs au pied des immeubles, dans des jardins publics ou à proximité des marchés. Ces bacs acceptent souvent à la fois les biodéchets bruts et le compost déjà mûr, qui vient enrichir la masse en cours de décomposition.

A lire également :  Combien de temps met un semis de courgette à lever ?

Les potagers partagés, très présents en zone urbaine, accueillent eux aussi volontiers des seaux de compost mûr. Pour les responsables de ces parcelles, recevoir une matière déjà transformée permet de nourrir les planches de culture sans attendre. Certains habitants concluent même des sortes de « pactes de voisinage » : l’un fournit du compost, l’autre partage tomates, courgettes ou bouquets d’aromatiques en retour.

Des plateformes locales ou des groupes de quartier sur les réseaux facilitent ces échanges. On y trouve parfois des demandes explicites : « cherche compost pour bac potager », ou l’inverse. Le compost devient alors une petite monnaie d’échange circulant à l’échelle du quartier. Cette forme de compostage sans jardin garde tout son sens, car la matière reste utilisée à proximité.

Pour ceux qui ne veulent pas multiplier les bacs chez eux, il existe aussi des solutions de recyclage des déchets organiques sans équipement personnel, décrites par exemple dans des ressources sur le thème « composter sans bac ni composteur ». Les composteurs de quartier, les collectes associatives ou les points de dépôt en déchetterie complètent la panoplie des solutions urbaines.

Le fil conducteur, dans tous ces cas, reste le même : éviter que le compost, une fois produit, ne soit à son tour considéré comme un déchet. Il mérite mieux que de finir à la poubelle après plusieurs mois de travail discret des micro-organismes.

Bien gérer un composteur d’appartement au quotidien pour éviter odeurs et nuisibles

Un point inquiète souvent les candidats au compostage en appartement : la peur des mauvaises odeurs et des petites bêtes. Cette crainte est compréhensible dans un espace clos, mais avec quelques gestes réguliers, un composteur d’intérieur reste aussi neutre qu’un sac de terreau. Là encore, tout se joue dans la gestion quotidienne plutôt que dans la promesse d’un matériel « miracle ».

Commençons par le plus simple : la fréquence d’ouverture et le brassage. Un compost de balcon a besoin d’être mélangé régulièrement pour rester aéré. Dans la pratique, un bon coup de mélangeur ou de fourche une fois par semaine suffit à casser les poches trop humides et à répartir les nouveaux apports. Dans un lombricomposteur, on évite les remuages brutaux, mais on peut délicatement soulever et aérer les zones où les déchets s’accumulent.

Autre geste clé : toujours recouvrir les apports frais. Une poignée de matière sèche (carton, fibre de coco, feuilles mortes si l’on en a sous la main) posée sur les épluchures limite immédiatement les odeurs et décourage les moucherons. Beaucoup de débutants laissent la surface à nu, avec des morceaux de fruit bien visibles : les moucherons y voient une invitation ouverte. Une simple habitude de recouvrement après chaque ajout fait disparaître une bonne partie du problème.

La température et l’emplacement, ensuite, conditionnent le confort du dispositif. Un lombricomposteur posé en plein soleil derrière une baie vitrée risque de chauffer au-delà de ce que les vers peuvent supporter. À l’inverse, un balcon glacial en plein hiver ralentit fortement l’activité des micro-organismes. L’idéal reste une pièce tempérée, sans courant d’air extrême, où le bac n’est ni au milieu du passage ni oublié dans un coin inaccessible.

Organisation pratique pour une gestion simple des biodéchets en appartement

Pour que la gestion des déchets ménagers ne devienne pas une corvée supplémentaire, l’organisation compte autant que le matériel. Un petit seau ou une boîte dédiée aux biodéchets, placée près du plan de travail, sert de relais entre la cuisine et le composteur. On la vide une fois par jour ou tous les deux jours, selon le rythme. Cela évite d’ouvrir sans cesse le bac principal, tout en limitant le temps passé à faire des allers-retours.

Certains équipent ce seau d’un couvercle simple, d’autres de filtres à charbon. Tant que le cycle est régulier, un récipient bien rincé après chaque vidage limite largement les risques d’odeurs persistantes. Une fois par mois, un nettoyage plus approfondi du composteur lui-même, avec une éponge et un peu d’eau, suffit souvent pour repartir sur de bonnes bases.

Pour les foyers plus occupés, l’idée n’est pas de tout faire parfaitement, mais de garder les grands principes : varier les apports, ne pas surcharger en une seule fois, observer régulièrement l’aspect et l’odeur. Quand quelque chose dérive (trop humide, odeur acide, présence d’insectes), on corrige en ajoutant de la matière sèche, en brassant davantage ou en réduisant un temps les apport trop sucrés.

Une fois cette routine installée, le compost devient presque un compagnon discret du quotidien. Il transforme en silence les restes que l’on posait autrefois dans la poubelle, et il finit par trouver naturellement sa place sur le balcon, dans un bac partagé ou au pied des plantes qui égayent l’appartement. Le signe que tout fonctionne bien : on ne s’en occupe plus qu’un peu, mais on apprécie chaque fois qu’on ouvre un bac qui sent la terre fraîche plutôt que la poubelle.

Comment utiliser le compost quand on a seulement quelques plantes d’intérieur ?

Avec peu de plantes, mieux vaut utiliser le compost en fines couches. Retirez un peu de terre en surface une à deux fois par an, remplacez par 1 à 2 cm de compost tamisé, puis arrosez. Le reste peut être stocké dans un seau ou un sac à l’abri, ou bien donné à un voisin, un potager partagé ou un composteur collectif de quartier.

Le lombricompostage dégage-t-il une odeur dans un petit appartement ?

Un lombricomposteur bien équilibré sent la terre humide, pas la poubelle. Les mauvaises odeurs apparaissent surtout quand le bac est trop humide, trop compact ou surchargé de déchets sucrés non recouverts. En ajoutant régulièrement du carton brun déchiré, en couvrant les apports frais et en évitant les excès, l’odeur reste très discrète, même dans un studio.

Que faire du compost Bokashi une fois la fermentation terminée ?

Le contenu d’un seau Bokashi n’est pas du compost mûr, mais une matière pré-fermentée. Il doit être mélangé à de la terre ou à un tas de compost déjà en place, en général à raison d’1 part de Bokashi pour 2 à 3 parts de terre. En appartement, cela peut se faire dans une grande jardinière, un bac de culture, ou via un dépôt dans un composteur collectif qui prendra le relais de la décomposition.

Peut-on mettre les coquilles d’œufs dans un composteur d’appartement ?

Les coquilles d’œufs sont compostables, mais se dégradent lentement. Pour les intégrer à un composteur d’intérieur, il est conseillé de les rincer et de les écraser finement avant dépôt. Elles n’apportent pas beaucoup de nutriments, mais améliorent légèrement la structure du compost. Si elles sont trop nombreuses, elles resteront visibles longtemps sans gêner pour autant.

Que faire si mon composteur attire des moucherons ?

Les moucherons aiment les restes de fruits exposés en surface et les milieux très humides. Pour les décourager, commencez par recouvrir systématiquement chaque apport de déchets par une couche de matière sèche (carton, fibres végétales), limitez les morceaux de fruits très sucrés en surface et, si besoin, laissez le couvercle fermé plus longtemps. Un léger brassage pour aérer la masse aide aussi à stabiliser le milieu et à faire disparaître ces visiteurs.

Comment remplir un potager surélevé, — potager surélevé rempli par couches

Comment remplir un potager surélevé, couche par couche ?

Installer un potager surélevé résout souvent trois problèmes d’un coup : manque de bonne terre, dos fragile, petit espace. Mais la vraie différence entre ...
Julien Mercier
Réussir ses semis de salade, — semis de salade en godets jardin

Réussir ses semis de salade, en godet ou en pleine terre

Installer une salade réussie au potager commence bien avant le plant en motte acheté en jardinerie. Tout se joue au moment des semis de ...
Julien Mercier

Laisser un commentaire