Tailler un olivier sans l’affaiblir : la méthode pas à pas

Un olivier laissé à lui-même finit souvent par se densifier, produire moins et accumuler des branches mortes au cœur de la ramure. Beaucoup de propriétaires l’observent depuis la terrasse en se demandant comment intervenir sans ruiner la santé de l’arbre. La bonne nouvelle, c’est qu’une taille peut vraiment relancer la croissance et la fructification, à ... Lire plus
Julien Mercier
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Un olivier laissé à lui-même finit souvent par se densifier, produire moins et accumuler des branches mortes au cœur de la ramure. Beaucoup de propriétaires l’observent depuis la terrasse en se demandant comment intervenir sans ruiner la santé de l’arbre. La bonne nouvelle, c’est qu’une taille peut vraiment relancer la croissance et la fructification, à condition de respecter quelques règles simples : choisir le bon moment, couper au bon endroit et ne jamais enlever trop de feuillage d’un coup. L’objectif est clair : éclaircir, favoriser l’aération, guider la sève, tout en gardant l’arbre robuste, sans l’affaiblir.

Sur le terrain, la différence entre un olivier qui prospère et un autre qui végète tient souvent à la régularité de l’entretien plutôt qu’à des techniques sophistiquées. Un passage annuel ciblé suffit à conserver une silhouette équilibrée, limiter les maladies et maintenir une mise à fruit correcte. Encore faut-il savoir par où commencer : bois mort, branches qui se croisent, rameaux vers l’intérieur… Ce guide propose une méthode pas à pas, du calendrier d’intervention jusqu’aux soins après la coupe, avec des repères concrets pour adapter l’élagage à l’âge de l’arbre et au climat du jardin. De quoi passer du doute au geste sûr.

En bref

  • Période clé : programmer la taille entre fin février et fin mars, après les gelées, avant le redémarrage de la végétation.
  • Règle d’or : ne jamais retirer plus d’un tiers du volume de feuillage en une seule séance, pour ne pas freiner la croissance.
  • Ordre d’intervention : commencer systématiquement par les branches mortes, les gourmands et les rameaux malades.
  • Objectif principal : ouvrir le centre pour une bonne aération et davantage de lumière dans la couronne.
  • Suivi : surveiller les coupes, l’état général et la reprise 2 à 4 semaines après la taille pour confirmer la bonne santé de l’arbre.

Quand tailler un olivier sans l’affaiblir : choisir le bon moment et la bonne intensité

Avant de parler de sécateur, la première décision concerne le calendrier. Un olivier ne se taille pas au hasard, surtout si l’objectif est de le préserver. La plage la plus fiable se situe entre fin février et fin mars pour la majorité des régions françaises. Les grosses gelées sont passées, la sève commence à remonter sans que la végétation soit déjà lancée. Les plaies cicatrisent plus vite, ce qui limite le risque de maladies et de dessèchement des coupes.

Dans un contexte méditerranéen côtier, certains jardiniers débutent dès janvier, car les hivers y restent très doux. À l’inverse, dans le nord ou sur un plateau exposé, mieux vaut surveiller les prévisions et attendre que les températures nocturnes se stabilisent au-dessus de 10 °C. En dessous de ce seuil, la cicatrisation ralentit, ce qui fragilise la santé de l’arbre. Un lecteur de la région de Reims, par exemple, a constaté des nécroses sur les extrémités taillées après un coup de froid tardif : sa seule erreur tenait au mauvais timing.

Autre point à intégrer : toutes les tailles n’ont pas la même intensité. Une taille de formation sur un jeune sujet vise surtout à construire la charpente avec quelques interventions légères. Sur un arbre adulte, on parle plutôt de taille d’entretien, centrée sur l’aération et la régulation des rameaux productifs. Enfin, un vieil olivier délaissé demande parfois une remise en forme plus franche, mais étalée sur plusieurs années pour ne pas le mettre à genoux. Vouloir tout corriger en une seule fois est l’erreur qui condamne de nombreux sujets décoratifs dans les jardins.

Un cas délicat revient souvent : que faire après un hiver marqué par des gelées intenses ou un épisode de neige lourde ? Dans cette situation, la priorité est de vérifier la vitalité réelle de l’arbre. Si le feuillage montre des brûlures, si certaines extrémités semblent grillées, il est prudent d’attendre les premiers signes de reprise au printemps. On repère alors les parties vraiment mortes avant de les enlever. Sur un olivier fraîchement transplanté, même logique : la première année, limiter l’élagage au strict minimum pour laisser le système racinaire se réinstaller.

Pour structurer ces différentes situations, un simple tableau aide à y voir clair.

Contexte Période conseillée Intensité de la taille Objectif principal
Jeune olivier en pleine terre (0-5 ans) Fin février à fin mars Légère Former la charpente sans freiner la croissance
Olivier adulte bien installé Fin février à fin mars Modérée Aération, équilibre de la couronne, suppression des branches mortes
Olivier très vieux ou abandonné Printemps, sur 2 à 3 années successives Progressive Rajeunir sans affaiblir, sécuriser les grosses charpentières
Olivier en climat méditerranéen doux Janvier à mars selon la météo Adaptée au stade de l’arbre Profiter de l’absence de gel tout en préservant la santé de l’arbre

En parallèle du calendrier, la notion de dose reste centrale. La règle simple à garder en tête : ne jamais retirer plus d’un tiers de la couronne en une seule session. Au-delà, l’olivier réagit en envoyant une multitude de rejets vigoureux, souvent mal placés, ce qui complique l’entretien les années suivantes. D’ailleurs, plusieurs paysagistes le constatent chez leurs clients : les arbres surtaillés finissent par produire moins de fruits et supportent mal les sécheresses estivales.

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En résumé, le bon moment pour tailler n’est pas seulement une histoire de mois, mais un équilibre entre climat local, état de l’arbre et intensité de l’intervention. Une fois ce cadre posé, on peut se concentrer sur les gestes, sans crainte de nuire à la longévité de l’olivier.

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Comprendre la croissance de l’olivier pour adapter la taille sans le stresser

Pour tailler un olivier sans l’affaiblir, il faut d’abord comprendre comment il pousse. Cet arbre avance lentement mais sur la durée, avec une alternance de bois jeune et de bois âgé. Le bois jeune, de teinte plus claire, souple, correspond aux pousses de l’année ou de l’année précédente. C’est là que se forment les fleurs et donc les olives. Le bois âgé, plus sombre et rigide, sert d’ossature : tronc, charpentières, grosses branches secondaires.

Une taille bien conduite cherche à conserver suffisamment de bois jeune bien exposé à la lumière, tout en gardant une structure solide. Couper uniquement les extrémités productives, saison après saison, finit par éloigner la fructification vers l’extérieur et vider le centre. À l’inverse, s’acharner sur le vieux bois sans stratégie crée des plaies larges que l’arbre aura du mal à refermer. L’équilibre se trouve dans une alternance de raccourcissements doux et de suppressions ciblées, toujours avec l’aération comme ligne directrice.

La lumière est un paramètre souvent sous-estimé. Pour que la mise à fruit soit régulière, l’olivier a besoin de plusieurs heures de soleil direct chaque jour, mais aussi d’une bonne pénétration de cette lumière au cœur de la ramure. On peut se fixer un repère simple : viser un centre où la majorité des rameaux reçoivent une lumière filtrée, sans zones complètement opaques. Un jardinier de Montpellier résume cela en deux mots : « centre traversant ». Quand les rayons arrivent à passer d’un côté à l’autre, la floraison se répartit mieux.

La réaction de l’arbre à la coupe mérite aussi un mot. Chaque branche supprimée modifie la circulation de la sève. Le végétal répond en produisant des pousses nouvelles à proximité des plaies ou sur les parties restées intactes. Cette réaction de défense peut être un atout si l’élagage est mesuré : on provoque la naissance de jeunes rameaux bien placés, plus accessibles, qui porteront les olives à hauteur de main. Mais si la coupe est trop sévère, l’arbre déclenche un « feu d’artifice » de gourmands verticaux, sans intérêt esthétique ni productif.

Chez un particulier qui avait fait rabattre son olivier en forme de boule à hauteur d’épaule en une seule fois, le résultat l’année suivante était parlant : une forêt de tiges raides dressées vers le ciel, et aucune olive pendant deux ans. La santé de l’arbre n’était pas condamnée, mais la mise à fruit avait pris un sérieux retard. Pour corriger, il a fallu sélectionner ces rejets sur plusieurs saisons, ce qui a coûté bien plus de temps que de procéder calmement dès le départ.

Un autre élément joue dans cette mécanique : le système racinaire. Même si on ne le voit pas, il stocke une partie de l’énergie de l’arbre. Une taille raisonnable lui permet de « compenser » les coupes en nourrissant les nouvelles feuilles. Une taille trop violente, elle, crée un déséquilibre entre le volume de racines et le peu de feuillage restant. L’olivier gère mal ce déséquilibre, notamment en période de sécheresse. Sa résistance naturelle baisse, la pousse ralentit, et sa récupération prend plusieurs saisons.

Comprendre cette logique interne change la manière de tenir le sécateur. Chaque coupe devient un choix : stimuler la ramification ici, alléger là, raccourcir légèrement plutôt que sacrifier une grosse branche. Au final, la taille ne sert pas à dompter l’arbre, mais à accompagner sa croissance pour qu’il reste vigoureux, productif et lisible dans le jardin.

Méthode pas à pas pour tailler un olivier sans l’affaiblir

Passons maintenant au concret avec une méthode pas à pas, applicable aussi bien à un olivier d’ornement qu’à un sujet productif au jardin. Pour illustrer, prenons le cas de Claire, qui a hérité d’un arbre de 15 ans dans son nouveau jardin. L’olivier forme une masse très compacte, peu d’olives et plusieurs branches mortes visibles. L’objectif : redonner de la lumière et sécuriser la structure en une séance raisonnable.

1. Observer avant de couper : lecture de la charpente

La première étape consiste à faire le tour complet de l’arbre, sans outil en main. On repère les branches mortes (bois sec, cassant, sans écorce verte sous la surface), les rameaux qui se croisent, ceux qui pointent franchement vers l’intérieur et les gourmands au pied ou sur le tronc. Cette observation doit durer quelques minutes, pas quelques secondes. Elle permet d’anticiper les gestes et d’éviter les coupes impulsives.

Une astuce utile consiste à mentalement choisir trois à cinq branches principales que l’on souhaite garder comme ossature. Tout le travail de taille tournera autour d’elles. Sur l’arbre de Claire, deux charpentières montent en éventail à gauche, une autre à droite, plus courte. Le reste forme un fouillis de petits bois.

2. Nettoyer le bois mort et les rejets

Une fois la structure identifiée, on commence par éliminer tout ce qui est définitivement perdu ou gênant à la base : bois sec, branches cassées, rejets au pied. Ces éléments ne contribuent plus à la santé de l’arbre et servent parfois de porte d’entrée aux champignons. Les coupes se font au ras de l’attache, sans laisser de moignon. Un chicot de quelques centimètres finit souvent par pourrir.

Sur le cas de Claire, quatre petites branches mortes au centre sont retirées en premier, ce qui dégage déjà la vue. Deux rejets vigoureux au pied sont également supprimés, car ils consommaient de la sève au détriment de la couronne.

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3. Aérer le centre pour favoriser l’aération et la lumière

Une fois le bois mort enlevé, on évalue la densité du centre. Le but n’est pas d’obtenir un tronc nu, mais un cœur qui laisse passer l’air et quelques rayons de soleil. Pour cela, on sélectionne les rameaux qui poussent franchement vers l’intérieur et ceux qui se croisent. On en conserve un par emplacement, souvent le plus vigoureux et mieux orienté, puis on supprime l’autre.

Idéalement, si l’on se place à 2 ou 3 mètres, on doit voir des « fenêtres » dans la couronne. Pas des trous béants, mais des zones légèrement plus claires. Cette aération limite les risques de maladies fongiques et améliore la maturité des fruits. Sur l’olivier de Claire, le simple fait d’enlever cinq rameaux mal placés a transformé l’aspect du centre.

4. Équilibrer la silhouette sans trop raccourcir

Vient ensuite un travail d’équilibrage. Certaines branches entraînent parfois toute la silhouette d’un côté, d’autres s’élancent bien plus haut que le reste. Plutôt que de les couper à ras, une bonne technique consiste à les raccourcir sur un rameau secondaire orienté vers l’extérieur. On garde ainsi une continuité visuelle tout en réduisant la longueur.

Chaque fois que l’on hésite à couper une grosse branche, une question utile se pose : « gêne-t-elle vraiment la circulation de la lumière ou l’équilibre de l’arbre ? » Si la réponse n’est pas évidente, mieux vaut s’abstenir et reporter la décision à l’année suivante. Dans 80 % des situations, un raccourcissement bien choisi suffit. Cela rejoint la règle de ne pas enlever plus d’un tiers du volume de feuillage en une fois.

5. Contrôler régulièrement l’avancement

Tout au long de l’intervention, il est essentiel de poser le sécateur et de prendre du recul. Après chaque série de coupes, trois pas en arrière permettent de vérifier que la silhouette reste harmonieuse et que l’arbre ne commence pas à ressembler à un parapluie ou à une boule artificielle. L’idée est de respecter autant que possible la forme naturelle de l’espèce.

Dans le cas de Claire, l’ensemble de la séance a duré une heure, observation comprise. Le centre laisse mieux passer la lumière, les grosses charpentières sont bien visibles, et l’aération semble suffisante. Surtout, l’arbre conserve assez de feuillage pour photosynthétiser sans peine et repartir en croissance au printemps.

Avec cette grille de lecture, la taille devient une succession de petits choix réfléchis plutôt qu’une opération brutale. C’est ce rythme, posé mais décidé, qui permet de travailler l’olivier sans affaiblir sa vigueur.

Outils, hygiène de coupe et erreurs d’élagage à éviter pour préserver la santé de l’arbre

Une méthode pas à pas ne vaut que si les outils suivent. La qualité de la coupe influence directement la santé de l’arbre. Un sécateur émoussé écrase les tissus au lieu de les trancher, ce qui prolonge la cicatrisation et ouvre la porte aux champignons. Avant de grimper sur l’échelle, un petit contrôle s’impose : les lames doivent fermer sans jeu, bien affûtées, propres.

Les outils essentiels pour une taille propre

Trois instruments couvrent la majorité des besoins sur un olivier de jardin :

  • Sécateur à lames croisantes pour tous les rameaux jusqu’à environ 2 cm de diamètre.
  • Coupe-branches ou ébrancheur pour les sections de 2 à 4 cm, notamment dans la partie basse de l’arbre.
  • Scie d’élagage à denture fine pour les grosses branches au-delà de 4 cm, en particulier les charpentières à reprendre ponctuellement.

À cela s’ajoutent des gants solides, des lunettes de protection et, si besoin, une échelle bien stable. Pas besoin de matériel sophistiqué, mais un minimum de prudence pour ne pas transformer une simple séance de taille en séance de soins aux urgences.

L’hygiène des lames est souvent négligée. Pourtant, passer de plusieurs arbres malades à des sujets sains avec le même sécateur non désinfecté suffit parfois à propager une maladie. Un chiffon et un peu d’alcool à 70 °, ou une solution javellisée bien rincée ensuite, limitent ce risque. Un rapide essuyage entre deux oliviers est déjà un bon réflexe.

Gestes techniques pour des coupes qui cicatrisent bien

Au moment de tailler, l’orientation de la coupe joue un rôle. Sur un rameau vivant, on vise un angle d’environ 45°, légèrement incliné de façon que l’eau de pluie ne stagne pas sur la plaie. On coupe à quelques millimètres au-dessus d’un bourgeon orienté dans la direction souhaitée. Trop près, le bourgeon sèche ; trop loin, un bout de bois inutile risque de dépérir.

Pour les grosses branches, la technique en trois temps évite les arrachements d’écorce. On commencera par une entaille légère sous la branche, à une quinzaine de centimètres du tronc, puis une coupe au-dessus un peu plus loin pour faire tomber la plus grosse partie. La finition se fait enfin proprement, au ras du renflement naturel (le collet). Ce soin limite les blessures et favorise la formation rapide d’un bourrelet cicatriciel.

Erreurs d’élagage à éviter absolument

Certaines pratiques reviennent régulièrement et posent problème à moyen terme. La première consiste à pratiquer une taille à blanc, en réduisant l’arbre à une sorte de moignon surmonté de quelques tronçons. L’olivier réagira certes en produisant des tiges vigoureuses, mais la structure deviendra plus fragile et la fructification reculera. De plus, les coupes énormes mettent du temps à se refermer, surtout dans les climats humides.

Deuxième erreur courante : intervenir en plein été ou juste avant une vague de froid annoncée. Dans les deux cas, l’arbre se trouve déjà sous un autre stress (chaleur, manque d’eau ou gel). Ajouter un stress mécanique par une taille importante augmente le risque de dépérissement sur certaines branches. Les jardiniers qui ont tenté un rafraîchissement de silhouette en juillet l’ont souvent regretté en observant un feuillage jauni et une repousse anarchique.

Troisième travers : laisser des moignons un peu partout. Sur le moment, cela donne l’impression de « garder au cas où », mais ces tronçons inutiles sèchent, se creusent et accueillent volontiers des parasites. La bonne habitude consiste à couper proprement au point d’insertion du rameau conservé, sans excès, ni en entamant la charpentière, ni en laissant de morceaux morts.

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Enfin, négliger les jeunes sujets est une faute discrète mais coûteuse. Laisser un olivier en pleine croissance sans aucune taille pendant ses premières années revient à accepter une architecture déséquilibrée ensuite. Quelques gestes simples au départ, pour choisir 2 ou 3 branches principales bien réparties, évitent de longues corrections plus tard. On gagne en temps, en stabilité du houppier et en confort de cueillette future.

Au final, des outils propres, des coupes nettes et quelques interdits bien compris suffisent largement pour limiter les risques et maintenir la santé de l’arbre à long terme.

Adapter la taille d’un olivier à son âge et assurer le suivi après l’intervention

Un olivier de trois ans n’a rien à voir avec un patriarche de plusieurs décennies, et prétendre les traiter de la même manière serait illogique. Adapter l’intensité et la fréquence de la taille à l’âge du sujet est sans doute l’un des éléments les plus importants pour intervenir sans l’affaiblir. En complément, le suivi dans les semaines qui suivent l’élagage confirme que l’arbre encaisse bien le chantier.

Jeune olivier : construire la charpente sans le bloquer

Sur un jeune plant installé depuis un ou deux ans, l’objectif principal n’est pas la production d’olives, mais la mise en place d’une structure solide. On choisit d’abord une hauteur de tronc raisonnable, généralement autour de 50 à 80 cm selon l’usage du jardin. Au-dessus, on sélectionne 2 ou 3 futures branches charpentières, bien réparties autour du tronc et orientées différemment.

Chaque année, une taille très modérée consiste à supprimer les axes concurrents sur le tronc et à raccourcir légèrement les pousses trop longues pour encourager la ramification latérale. Ce travail se fait en quelques minutes et ne retire qu’une petite partie du feuillage. À ce stade, toute taille sévère ralentirait inutilement la croissance, ce qui n’a pas de sens pour un arbre en installation.

Olivier adulte : entretien régulier et régulation de la fructification

Entre 5 et 25 ans environ, l’olivier entre dans sa phase de croisière. La charpente est en place, la mise à fruit s’installe, et le rôle de la taille est surtout d’éviter que la ramure ne s’engorge. Une séance annuelle, au printemps, suffit pour maintenir un bon équilibre. On enlève les branches mortes, on supprime les gourmands verticaux inutiles, on éclaircit légèrement le centre et on corrige les déséquilibres de silhouette.

Certains jardiniers choisissent de réduire un peu la charge en fruits une année sur deux en raccourcissant davantage quelques rameaux productifs. Cette pratique limite le phénomène d’alternance (année très chargée suivie d’une année pauvre) et aide à garder des olives de taille honorable. Dans tous les cas, l’aération reste le fil conducteur : un arbre qui « respire » au niveau de sa couronne tombe nettement moins malade et supporte mieux les étés secs.

Vieux olivier ou sujet délaissé : rajeunissement progressif

Un vieux sujet, surtout s’il n’a pas été suivi pendant plusieurs années, demande une stratégie patiente. Les grosses branches se sont parfois allongées démesurément, certaines parties sont dégarnies, d’autres très denses. Plutôt que d’enlever brutalement de gros volumes de bois, l’approche la plus sûre consiste à planifier le rajeunissement sur deux ou trois campagnes.

La première année, on se limite souvent à nettoyer le bois mort, à sécuriser les branches fragiles qui risquent de casser et à éclaircir la partie la plus chargée. La deuxième année, une fois la réaction de l’arbre observée, on peut reprendre une ou deux grosses charpentières en les rabattant sur des rejets bien placés, tout en respectant les limites de volume enlevé. Ce rythme respecte la capacité de l’olivier à cicatriser et à reconstruire une couronne équilibrée.

Suivi après la taille : eau, observation et signes de reprise

Une fois le chantier terminé, le travail ne s’arrête pas à la dernière coupe. Dans les jours qui suivent, un contrôle visuel des plaies les plus larges permet de vérifier qu’il n’y a ni fissure, ni arrachement caché par le feuillage. En cas de printemps très sec, un arrosage modéré au pied aide l’arbre à redémarrer, surtout sur un sol léger ou caillouteux. Inutile cependant de détremper la zone : l’olivier craint plus l’excès d’eau que le léger manque.

Côté fertilisation, un apport modéré de nutriments au printemps peut soutenir la reprise, en particulier sur un terrain pauvre. Mieux vaut privilégier un engrais équilibré, avec une part suffisante de potassium, pour encourager à la fois la floraison et la résistance aux stress climatiques. Sur un sujet qui a subi une taille déjà bien fournie, éviter les apports trop riches en azote juste après, sous peine de déclencher une poussée de bois tendre peu utile.

Les premiers signes rassurants apparaissent généralement entre 2 et 4 semaines après la taille : les bourgeons gonflent, de petites pousses se développent près des coupes et sur les rameaux conservés. Si au bout de six semaines une branche semble toujours inerte, il est possible qu’elle ait été plus atteinte qu’anticipé par le froid ou la sécheresse. Dans ce cas, mieux vaut patienter jusqu’à l’été pour trancher définitivement, l’olivier étant parfois plus lent que prévu.

Ce suivi, souvent négligé, fait pourtant la différence entre une taille simplement « faite » et une intervention réellement réussie. Il permet d’ajuster les gestes la saison suivante, en tenant compte de la réaction réelle de l’arbre du jardin, et pas uniquement des conseils théoriques.

Quelle quantité de feuillage peut-on enlever sans affaiblir un olivier ?

Pour préserver la santé de l’arbre, il est conseillé de ne pas retirer plus d’un tiers du volume de la couronne lors d’une seule taille. Au-delà, l’olivier réagit souvent par une émission massive de rejets verticaux, ce qui le fatigue et complique l’entretien les années suivantes. Mieux vaut étaler une remise en forme sur deux ou trois saisons si l’arbre est très encombré.

Comment reconnaître les branches mortes à supprimer en priorité ?

Une branche morte présente un bois sec, cassant, parfois gris argenté, sans trace de vert sous l’écorce lorsqu’on la griffe légèrement. Elle ne porte ni feuilles ni bourgeons gonflés au printemps. Ces éléments doivent être enlevés en premier, au ras de leur point d’attache, car ils n’apportent rien à la croissance et peuvent héberger des champignons ou des insectes.

Peut-on tailler un olivier en été si on a raté le créneau de fin d’hiver ?

Une vraie taille structurante est déconseillée en plein été, surtout en période de forte chaleur. L’arbre est alors sous stress hydrique et cicatrise moins bien. Si le calendrier de fin d’hiver a été manqué, il est préférable de se limiter à quelques interventions légères, par exemple enlever un rameau cassé, puis de programmer la taille principale au printemps suivant.

Faut-il appliquer un mastic sur les grosses coupes ?

Sur un olivier en bonne santé, bien conduit, la plupart des coupes cicatrisent sans aide, notamment en climat sec et ventilé. Un mastic peut toutefois être utile sur les plaies les plus larges, surtout dans les régions humides, pour limiter le risque de contamination par des champignons. L’essentiel reste d’obtenir une coupe nette, au bon endroit, plutôt que de compter sur le produit pour tout corriger.

Un olivier en pot se taille-t-il comme un olivier en pleine terre ?

Les principes restent les mêmes, mais l’intensité doit être encore plus mesurée sur un sujet en pot, dont le système racinaire est limité. On enlève les branches mortes, on éclaircit légèrement le centre et on raccourcit les rameaux trop longs pour garder une silhouette équilibrée. En revanche, il est important de surveiller de près l’arrosage après la taille, car un volume de substrat réduit sèche très vite et peut freiner la reprise.

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