Composter sans bac ni composteur : les méthodes qui marchent

Composter sans bac ni composteur séduit beaucoup de jardiniers qui veulent aller à l’essentiel, sans investir dans du matériel. Le principe est simple : utiliser les déchets organiques du quotidien pour nourrir directement le sol, avec des méthodes de compostage à même la terre, en tranchée, en sac ou dans une simple poubelle percée. Ce ... Lire plus
Julien Mercier
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Composter sans bac ni composteur séduit beaucoup de jardiniers qui veulent aller à l’essentiel, sans investir dans du matériel. Le principe est simple : utiliser les déchets organiques du quotidien pour nourrir directement le sol, avec des méthodes de compostage à même la terre, en tranchée, en sac ou dans une simple poubelle percée. Ce compostage naturel n’a rien de compliqué, à condition de respecter quelques règles de base sur l’emplacement, les matières acceptées et l’équilibre entre « verts » et « bruns ».

Dans de nombreux jardins, le bac à compost finit relégué au fond de la parcelle, mal alimenté, mal compris, parfois abandonné. Pourtant, composter sans bac ouvre d’autres possibilités. Un compost en tas, géré avec méthode, peut être plus souple qu’un composteur fermé. Une simple tranchée de 30 cm de profondeur transformera les épluchures de cuisine en réserve de nutriments pour les futures plantations. Même sur un petit terrain, une poubelle percée ou un sac noir peut accueillir un compostage autonome, discret, adapté à un jardinage écologique et à la Loi AGEC sur la gestion des biodéchets.

En bref

  • Composter sans bac repose sur les mêmes principes que dans un composteur : mélanger matières vertes riches en azote et matières brunes riches en carbone.
  • Les principales méthodes de compostage sans composteur sont le tas en plein air, la poubelle percée, le sac noir et le compostage en tranchée ou en fosse.
  • Un bon emplacement, une gestion correcte de l’humidité et des apports réguliers limitent les odeurs et les mouches.
  • Le compostage en tranchée et le vermicompostage permettent de nourrir le sol directement là où poussent les légumes.
  • Composter sans composteur reste l’option la plus économique et l’une des plus simples pour recycler les déchets organiques au jardin.

Composter sans bac ni composteur en plein air : réussir son compost en tas

Commençons par le plus simple : le compost en tas, directement sur le sol. Cette méthode de compostage naturel repose sur une idée très basique. On empile les matières organiques au même endroit, on laisse la vie du sol travailler, et on accompagne un peu le processus pour éviter les problèmes classiques d’odeurs ou de bêtes indésirables.

Pour que ce tas fonctionne, l’emplacement compte énormément. Un coin du jardin discret, ni trop au soleil, ni totalement à l’ombre, reste le plus adapté. Le sol doit drainer correctement l’eau pour éviter la cuvette qui transforme le compost en boue. Un léger point haut du terrain, sur une terre brute non bétonnée, permet aux vers de terre et micro-organismes de remonter facilement dans la masse de déchets.

À surveiller de près : la distance avec la maison et la clôture du voisin. Trois à cinq mètres des zones de vie suffisent en général pour que les rares odeurs restent tolérables, surtout en été. Plus près de la cuisine, on gagne en confort pour vider le seau de biodéchets, mais il faut alors être plus rigoureux sur la gestion du tas.

Dans les faits, voici ce qui se passe quand on commence à composter sans composteur en tas. On vide les épluchures de légumes, un peu de marc de café, les tontes de gazon fraîches. Au début, tout semble propre. Puis les premières mouches arrivent, l’odeur devient forte si les apports restent trop « verts ». Erreur classique : oublier les matières brunes. Feuilles mortes, broyat de branches, carton brun non imprimé, paille, sont indispensables pour aérer et absorber l’excès d’humidité.

Un truc qui change tout : penser en couches. Une brassée de déchets de cuisine ou de tonte, recouverte systématiquement d’une couche de matériaux secs. En gros, viser entre la moitié et les deux tiers de bruns pour un tiers de verts. Ce rapport limite presque automatiquement les mauvaises odeurs et la texture collante qui attire les mouches.

Le bon moment pour former le tas de départ, c’est souvent à l’automne. Les feuilles mortes sont en quantité, les déchets du potager aussi, et le climat reste assez doux pour que le démarrage se fasse vite. On peut alors constituer une base de 15 à 20 cm de branches grossières, qui servent de faux « plancher » ventilé. Par-dessus, on alterne couches fines de verts et bruns jusqu’à obtenir un volume d’environ 1 mètre de côté : en dessous, la fermentation chauffe moins bien.

Dans un jardin de lotissement, un tas géré un peu sérieusement n’a pas besoin d’être retourné toutes les semaines. Un brassage tous les mois avec une fourche suffit largement à oxygéner le cœur, casser les poches compactes de tonte, et vérifier l’humidité. Entre deux, il suffit de continuer à nourrir, toujours avec cette alternance. Une simple bâche ou une couche de paille par-dessus limite les fortes pluies et l’évaporation.

Pour les jardiniers pressés, la variante « tas chaud » type méthode Berkeley demande davantage de rigueur. On réunit d’un coup beaucoup de matière, on construit un gros cube d’environ 1 mètre sur 1, puis on retourne intégralement le compost tous les deux ou trois jours. Chez certains, cette approche donne un compost mûr en quelques semaines. Cela reste toutefois physique, et peu réaliste pour qui manque de temps ou de dos.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose sur le compost en tas, ce serait celle-ci. Tant que l’équilibre verts/bruns reste correct et que le tas respire, le compostage avance, même lentement. Mieux vaut un tas simple, nourri régulièrement, qu’un composteur sophistiqué abandonné après trois mois.

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Gérer l’humidité, la température et les nuisances sur un compost en tas

Un bon compostage autonome en plein air se joue ensuite sur trois paramètres. L’humidité, la chaleur et la gestion des nuisances. Ces éléments se surveillent surtout au toucher et au nez, bien plus qu’avec des chiffres théoriques.

Pour l’humidité, la référence reste souvent la fameuse « éponge essorée ». On prend une poignée de compost en cours de décomposition, on serre. Si quelques gouttes apparaissent, le tas est trop mouillé. Si tout s’effrite, il est trop sec. Plutôt que d’arroser systématiquement, mieux vaut adapter les apports. Beaucoup de tonte de gazon fraîche apportent déjà énormément d’eau, alors qu’un excès de feuilles mortes tire fortement vers le sec.

Pour la température, un thermomètre à compost peut rendre service, mais la main suffit. Enfoncée dans le cœur du tas, elle sent vite si l’activité est bonne. Un tas qui chauffe au point d’être tiède ou chaud en profondeur indique un équilibre correct. Un tas froid, compact, qui sent le renfermé, signale souvent un manque d’oxygène ou un excès de verts.

Les nuisances viennent surtout des mauvais apports. Les restes de viande, de poisson, les produits laitiers attirent rats et fouines, et donnent des odeurs très marquées. Certains déchets de cuisine sont aussi à manipuler avec prudence. Un tour d’horizon détaillé des erreurs fréquentes figure sur l’article ces déchets qu’il ne faut jamais mettre au compost, utile à garder sous la main quand on débute.

Pour limiter les mouches, une habitude fonctionne bien. Toujours recouvrir immédiatement les restes de cuisine avec une couche sèche de feuilles, broyat ou paille. Un grillage léger posé sur le tas peut aussi décourager les merles trop curieux sans gêner le travail des insectes utiles.

En résumé, un compost en tas, même très rustique, peut rester propre et gérable. Tout se joue sur quelques gestes réguliers plutôt que sur la présence d’un bac.

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Méthodes de compostage sans composteur avec du matériel de récupération

Pour celles et ceux qui cherchent à composter sans bac du commerce mais souhaitent quand même contenir un peu le tas, les solutions bricolées ne manquent pas. Une vieille poubelle percée, un cylindre de grillage, quelques sacs noirs épais suffisent à monter des systèmes de compostage naturel efficaces, surtout dans les petits jardins.

Compostage en poubelle, d’abord. Le principe est simple. On prend une poubelle en plastique, de préférence sombre pour absorber la chaleur, avec un couvercle qui ferme bien. Avec une perceuse ou un simple tournevis chauffé, on ouvre de nombreux trous sur les côtés et au fond. Sans ces ouvertures, le contenu se transforme vite en boue malodorante, faute d’air et de drainage.

L’intérêt de cette approche tient surtout à la compacité. Une poubelle de 80 à 120 litres se glisse dans un angle de cour, derrière un cabanon, tout en restant accessible. On y applique exactement les mêmes règles qu’en tas. Alterner matières brunes et vertes, surveiller l’humidité, éviter les apports animaux. Pour réduire les odeurs à l’ouverture, chaque seau de restes de cuisine est systématiquement recouvert d’une fine couche de carton brun déchiré, de feuilles ou de broyat.

Une autre idée consiste à utiliser du grillage à poules pour former un cylindre de 1 mètre de diamètre environ. On le pose directement sur la terre, on le remplit comme un tas classique. L’air circule très bien par les mailles, le volume reste en place, les chats du quartier ne dispersent pas tout. Quand vient le moment de récolter le compost mûr, il suffit de soulever le cylindre, de le déplacer d’un mètre, et de remonter un nouveau tas sur l’ancien emplacement.

Pour les jardins vraiment exigus, ou les situations de location où l’on ne veut pas installer de structure permanente, le compostage en sac noir garde ses adeptes. On remplit un sac solide avec un mélange de déchets plutôt broyés et de bruns, on ferme, puis on laisse faire. Cette méthode reste principalement anaérobie, c’est-à-dire en manque d’oxygène. Elle est donc plus lente, avec des risques d’odeurs quand on ouvre. L’avantage, c’est qu’un sac posé dans un coin de garage ou de cave ne prend presque pas de place.

À surveiller de près avec ces systèmes fermés : le volume de déchets généré. Une seule poubelle ou quelques sacs se remplissent vite dans un foyer qui cuisine beaucoup. Pour tenir sur la durée, mieux vaut combiner plusieurs méthodes de compostage. Par exemple, réserver les restes de cuisine à la poubelle percée, et toutes les tailles de haies et feuilles à un compost en tas plus gros au fond du terrain.

Dans chaque cas, le choix du système doit coller au rythme de vie du foyer. Un retraité qui passe beaucoup de temps au jardin pourra retourner régulièrement un cylindre de grillage. Une famille très occupée préférera sans doute une poubelle à composter en mode « on remplit, on mélange de temps en temps ».

Tableau comparatif des principaux systèmes sans composteur

Pour y voir clair entre les options, le tableau suivant résume quelques points pratiques.

Méthode Espace nécessaire Gestion Vitesse de compostage Risques d’odeurs
Compost en tas à même le sol Coin de jardin d’au moins 1 m × 1 m Retournement occasionnel, apports réguliers Moyenne à lente (6 à 18 mois) Faibles si bon équilibre verts/bruns
Poubelle percée Très faible, convient aux petits jardins Mélange périodique avec une fourche ou un bâton Moyenne (6 à 12 mois) Modérés, couvercle indispensable
Cylindre de grillage Similaire au tas, mais plus vertical Bonne aération, retournement en soulevant le cylindre Assez rapide si bien alimenté Faibles, bonne ventilation
Sac noir (anaérobie) Très faible, possible en garage ou cave Quasi aucune manipulation, attendre plusieurs mois Lente (6 à 12 mois voire plus) Forte à l’ouverture, à gérer avec précaution

Chaque méthode a donc son terrain de jeu idéal. Le compost en tas pour ceux qui ont de la place, la poubelle percée pour les petits jardins, le sac pour les espaces très contraints. L’essentiel reste de composter, plutôt que de laisser partir ces ressources à la poubelle.

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Compostage en tranchée et en fosse : composter sans composteur directement dans le sol

Le compostage en tranchée fait partie des méthodes de compostage les plus discrètes. Rien ne dépasse, aucune structure n’est visible, et le sol profite directement des apports. Le principe reste très simple. On creuse une tranchée ou une fosse, on y dépose les déchets, puis on recouvre de terre. La décomposition se fait ensuite sous terre, sans intervention supplémentaire.

Pour composter sans bac de cette manière, il suffit d’une bêche et d’un peu d’organisation. La tranchée classique fait environ 30 cm de profondeur. On y dépose sur 10 à 15 cm les restes de cuisine (sans viande, ni poisson, ni produits laitiers) et certains déchets de jardin comme les feuilles ou petites tiges tendres, puis on rebouche avec la terre extraite. Cette couche de terre suffit à limiter les odeurs et à empêcher les animaux de fouiller.

Tiens, un point souvent oublié : le délai avant de planter. Les matières en cours de décomposition consomment de l’azote pour se dégrader. Si l’on installe des légumes juste au-dessus trop tôt, leurs racines risquent de souffrir. En général, on laisse au moins six mois entre le remplissage d’une tranchée et la plantation de cultures exigeantes, comme les tomates ou les courges. Certaines personnes attendent un an, surtout sur sol lourd.

Un truc pratique consiste à organiser une rotation de tranchées dans le potager. Une année, on composte dans une bande du jardin, que l’on laisse ensuite reposer. L’année suivante, la zone précédente sert de planche de culture, et on creuse une nouvelle tranchée un peu plus loin. En trois ou quatre ans, tout le potager a été enrichi en profondeur sans jamais sortir une brouette de compost.

Pour les jardins très encombrés de racines d’arbres ou de haies, la version « fosse » peut être plus facile. Il s’agit d’un simple trou localisé, rempli progressivement avec des apports ménagers, puis rebouché une fois plein. On peut ensuite installer un arbuste ou une vivace à faible enracinement juste à côté, qui profitera de la richesse du sol voisin sans souffrir de la phase de décomposition.

Le grand avantage de ce compostage naturel enterré reste l’absence de gestion quotidienne. Pas de retournement, pas de surveillance de température, très peu de risque de mouches ou de rongeurs si les apports sont corrects. En contrepartie, ce système n’offre pas de compost « à la carte » à sortir à la pelle pour aller pailler les massifs. Il nourrit là où il se trouve, point final.

En ville ou dans les zones où les règlements de lotissement limitent fortement la présence de tas visibles, cette méthode de compostage en tranchée permet de respecter les règles tout en valorisant les biodéchets. Elle s’intègre bien dans une démarche plus globale de jardinage écologique, où l’on cherche à faire circuler la matière au plus court.

Pour rendre ces tranchées encore plus efficaces, un apport de matière brune broyée mélangé aux déchets de cuisine aide à équilibrer le tout. Une poignée de feuilles mortes ou de carton brun déchiré par seau d’épluchures suffit souvent. Là encore, un bon résumé de ce que l’on peut mettre ou pas est détaillé sur la page que mettre dans le compost et ce qu’il faut éviter, utile pour éviter les grosses erreurs.

Soit dit en passant, cette méthode convient aussi bien aux sols sableux qu’argileux. Sur sol léger, elle aide à retenir un peu mieux l’eau et les nutriments. Sur sol lourd, elle casse progressivement la compacité en y injectant de la matière organique. C’est souvent sur ces terrains collants qu’on constate les améliorations les plus visibles après quelques années de pratique.

En clair, le compostage en tranchée n’est pas la solution pour tout, mais dans un potager familial, il fait partie des techniques à connaître pour composter sans composteur ni infrastructure apparente.

Vermicompostage et compostage naturel de surface : nourrir le sol sans bac

Quand on parle de vermicompostage, beaucoup pensent à des lombricomposteurs d’appartement avec bacs superposés. Pourtant, les vers peuvent aussi travailler directement en pleine terre, dans un système très proche du compostage de surface. L’idée est simple. On dépose les déchets organiques en couche fine à la surface du sol, que l’on recouvre d’un paillage. Les vers viennent ensuite chercher cette nourriture et l’entraînent en profondeur.

Dans les faits, ce mode de compostage autonome colle bien aux massifs d’arbustes, haies fruitières, rangs de petits fruits, où le sol reste couvert toute l’année. On commence par installer un paillage suffisant. BRF (bois raméal fragmenté), feuilles mortes, foin, tonte de gazon sèche, peu importe, tant que le sol ne reste pas nu. Pour trouver du paillage sans exploser le budget, il existe d’ailleurs plusieurs pistes futées détaillées dans l’article consacré à où trouver du paillage gratuit pour le potager.

Ensuite, les apports de déchets se font en fines couches, jamais directement exposées à l’air. Quelques poignées d’épluchures hachées, un peu de marc de café, quelques feuilles de salade abîmées sont dispersées sur le sol, puis immédiatement recouvertes d’un peu de paillis. Vu de l’extérieur, rien ne change. Sous la couverture, en revanche, l’activité biologique s’intensifie nettement.

Le rôle des vers de terre devient alors central. En se nourrissant de ce mélange de matière végétale et de micro-organismes, ils produisent des déjections très riches, assimilables par les racines. Ce « compost vivant » ne passe jamais par un tas ou un bac. Il se construit sur place, au rythme des apports et des conditions météo.

Cette méthode présente plusieurs avantages. D’abord, aucune manutention ou presque. Pas de brouette de compost à transporter. Ensuite, un sol qui ne se dessèche pas, protégé de la battance de la pluie. Enfin, une fertilité progressive, douce, sans risque de brûler les racines, contrairement à certains apports massifs de fumier frais ou d’engrais concentrés.

À surveiller tout de même : le volume d’apports. Trop de déchets de cuisine au même endroit, même recouverts, peuvent attirer les rongeurs ou provoquer une fermentation désagréable. La règle reste simple. Des petites quantités, éparpillées, bien cachées sous le paillis. Mieux vaut nourrir souvent et peu que rarement et beaucoup.

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Dans un potager en planches permanentes, cette approche se combine très bien avec un compostage en tas plus classique. Le compost mûr sert à relancer la vie du sol sur les parcelles les plus fatiguées, tandis que les apports de surface entretiennent en continu la fertilité. Du coup, on parle plus volontiers de « sol composteur », capable de transformer et stocker la matière, plutôt que de se focaliser uniquement sur le tas au fond du jardin.

Un exemple concret. Sur une haie mêlant groseilliers, cassissiers et framboisiers, un simple apport annuel de 3 à 5 cm de paillis complété par les déchets de cuisine de l’hiver suffit souvent à maintenir une bonne production. Les vers circulent en permanence, les oiseaux fouillent de temps en temps, la structure du sol s’améliore sans bêchage. On reste dans un jardinage écologique où chaque geste vise à nourrir le sol avant de nourrir la plante.

Ce type de compostage naturel de surface ne remplace pas toujours la production d’un compost structurant pour les semis ou les plantations délicates. Mais il permet très clairement de réduire la quantité de terreau acheté, surtout dans les jardins déjà bien lancés.

Astuces clés pour un compostage naturel équilibré et autonome

Quelle que soit la méthode retenue pour composter sans bac ni composteur, quelques principes reviennent systématiquement. Les respecter évite la majorité des déconvenues. On peut les résumer autour de l’équilibre des matières, de la taille des déchets, de la fréquence des apports et de la patience.

Sur l’équilibre, déjà. Trop de matières vertes (tontes, restes de cuisine, adventices fraîches) donnent un compost collant, odorant, où l’air pénètre mal. Trop de bruns (branches, feuilles très sèches, paille en quantité) ralentissent énormément la dégradation. Un repère simple consiste à viser environ deux volumes de bruns pour un volume de verts, en ajustant selon le ressenti. Si le tas sent l’ammoniac, on ajoute des bruns. S’il semble figé et léger, on ajoute un peu plus de verts.

La taille des déchets joue aussi un grand rôle. Plus un matériau est finement découpé, plus la surface de contact avec les micro-organismes est grande, plus la transformation est rapide. Hacher grossièrement les tiges, casser les coquilles d’œufs, déchirer le carton en petits morceaux améliore beaucoup la qualité du compost, surtout en poubelle et en sac.

Côté fréquence des apports, mieux vaut un rythme régulier. Un tas qui reçoit chaque semaine un peu de matière garde une activité biologique continue. À l’inverse, quelques gros apports massifs, espacés de longs mois, créent des à-coups qui perturbent les micro-organismes. Le seau de cuisine vidé tous les deux ou trois jours, la tonte répartie en fines couches, les feuilles ramassées à l’automne alimentent doucement le système.

Dernier point, la patience. Un compostage sans composteur n’ira pas beaucoup plus vite qu’un composteur bien géré. Dans bien des cas, il prendra même un peu plus de temps, car il reste plus exposé aux variations de météo. Plutôt que de viser un délai précis, mieux vaut observer les signes de maturité. Odeur de sous-bois, absence de morceaux reconnaissables, texture grumeleuse et brune indiquent qu’il est temps d’utiliser le compost.

Pour rester concret, voici quelques repères utiles en fonction de la méthode :

  • Compost en tas peu retourné : 12 à 18 mois pour un compost bien mûr.
  • Tas géré en mode « chaud » : 3 à 6 mois selon le climat et le sérieux des retournements.
  • Poubelle percée bien équilibrée : 6 à 12 mois.
  • Sac noir stocké à température douce : souvent autour d’un an.
  • Compostage en tranchée : au moins une saison complète avant de planter dessus des cultures exigeantes.

Une fois le compost prêt, la question devient : où le mettre pour en tirer le meilleur ? Au potager, il sert surtout à améliorer la structure du sol. Une couche de 2 à 3 cm étalée en surface avant un léger griffage suffit largement. En massif ornemental, il peut remplacer une partie du terreau lors des plantations. Dans les jardinières, mélangé à un bon terreau, il limite la dépendance aux engrais liquides.

Un truc qui change tout à long terme : associer ce compostage naturel à un paillage systématique. Le compost nourrit, le paillis protège. Ensemble, ils construisent un sol vivant, moins dépendant des apports extérieurs. Et composter sans bac ni composteur, dans cette logique, devient simplement une manière parmi d’autres de remettre la matière à la bonne place.

Peut-on composter sans composteur dans un tout petit jardin ?

Oui. Dans un jardin minuscule, le plus simple reste souvent d’utiliser une poubelle percée ou un sac noir solide, en les remplissant avec un mélange de déchets verts et bruns. Si le sol est accessible, une petite tranchée de 30 cm de profondeur dans un coin peu utilisé permet aussi d’enterrer les biodéchets de cuisine sans aucune structure visible. L’essentiel est de recouvrir immédiatement les apports avec de la terre ou un paillis pour éviter les nuisances.

Quels déchets organiques ne faut-il jamais mettre dans un compost sans bac ?

Pour limiter les odeurs et les risques sanitaires, mieux vaut éviter la viande, le poisson, les produits laitiers, les sauces grasses, les litières de chats et chiens, ainsi que les plantes très malades. Ces éléments attirent les rongeurs et peuvent transmettre des pathogènes. Certains déchets se compostent mais demandent des précautions particulières (agrumes en grande quantité, coquilles de fruits de mer, cendres). Un tri rigoureux rend le compostage plus simple et plus sûr.

Le compost en tas attire-t-il vraiment les rats et autres nuisibles ?

Un compost en tas peut attirer les rats si la nourriture est facile d’accès et riche en protéines ou graisses. En se limitant aux déchets végétaux, en les recouvrant toujours d’une couche de matières brunes et en évitant les restes de viande ou de fromage, le risque diminue fortement. Placer le tas à bonne distance de la maison, éviter les tas adossés directement aux murs et, si besoin, utiliser un grillage au sol et sur les côtés aide aussi à limiter les intrusions.

Combien de temps faut-il pour obtenir du compost utilisable sans composteur ?

Le délai varie selon la méthode, le climat et la qualité de la gestion. Dans un compost en tas peu travaillé, il faut souvent compter autour d’un an pour obtenir un compost bien mûr. Une poubelle percée correctement alimentée donne en général un résultat entre 6 et 12 mois. Le compostage en tranchée demande au moins une saison avant de pouvoir planter dessus des cultures exigeantes. La patience et des apports réguliers restent les meilleurs alliés.

Faut-il retourner absolument un compost en tas pour qu’il fonctionne ?

Non, ce n’est pas une obligation. Un tas jamais retourné finit quand même par se transformer, simplement plus lentement et parfois moins homogènement. Retourné une fois par mois, il profite d’une meilleure aération, ce qui accélère la décomposition et limite les odeurs. Chacun adapte en fonction de sa forme physique et du temps disponible. Mieux vaut un tas peu retourné mais équilibré en verts et bruns qu’un tas parfait en théorie mais abandonné en pratique.

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