Que mettre dans le compost (et ce qu’il faut éviter) ?

Un compost qui marche bien, ce n’est pas un tas de déchets posé au fond du jardin. C’est un mélange pensé, avec des gestes simples mais réguliers. La clé tient en une phrase : alterner les matières azotées humides et les matières carbonées sèches, tout en gardant un tas aéré comme une éponge essorée. Sans ... Lire plus
Julien Mercier
découvrez quoi mettre dans votre compost pour un jardin fertile et sain, et apprenez les éléments à éviter pour un compostage efficace et respectueux de l'environnement.

Un compost qui marche bien, ce n’est pas un tas de déchets posé au fond du jardin. C’est un mélange pensé, avec des gestes simples mais réguliers. La clé tient en une phrase : alterner les matières azotées humides et les matières carbonées sèches, tout en gardant un tas aéré comme une éponge essorée. Sans cet équilibre, les problèmes arrivent vite : mauvaises odeurs, nuées de moucherons, ou au contraire un tas sec qui ne bouge pas pendant des mois. À partir des épluchures, des tontes de pelouse, des feuilles mortes et de quelques cartons bruns, il est pourtant possible de fabriquer un compost riche qui nourrit le potager pendant des années.

Ce guide détaille de façon concrète que mettre dans le compost et ce qu’il faut éviter pour garder un tas sain. Déchets de cuisine, restes du jardin, matières plus discutables comme les agrumes, les coquilles d’œufs ou les cendres de bois : chaque catégorie a ses avantages, ses limites et parfois ses pièges. À travers l’exemple très courant d’un foyer qui se met à composter pour réduire ses déchets organiques, on verra comment organiser les apports pour ne pas transformer le composteur en poubelle à ciel ouvert. Le but est clair : permettre à chacun de démarrer ou de corriger ses pratiques, sans matériel compliqué, en s’appuyant sur ce qui sort naturellement de la maison et du jardin.

En bref

  • Un compost équilibré mélange environ moitié matières azotées (déchets frais, humides) et moitié matières carbonées (déchets secs, structurants).
  • Les meilleurs apports verts : épluchures légumes, restes végétaux de cuisine, tontes de pelouse en fines couches, fleurs fanées.
  • Les meilleurs apports bruns : feuilles mortes, carton brun déchiré, papier journal non glacé, broyat de branches et paille.
  • Réflexe indispensable : éviter plastique, métaux, verre, litières minérales et limiter tout ce qui est gras ou animal (par exemple éviter viande et poisson).
  • Agrumes, cendres de bois, coquilles d’œufs et marc de café sont possibles, mais en quantité raisonnable et bien préparés.

Comprendre l’équilibre du compost : matières azotées, matières carbonées et erreurs typiques

Commençons par le plus simple : un compost en forme repose sur un équilibre clair entre matières azotées et matières carbonées. Les premières regroupent tout ce qui est humide, souple, qui se décompose vite. Les secondes sont sèches, fibreuses, souvent de couleur brune. En gros, les déchets organiques de cuisine (épluchures, restes de fruits et légumes) et les résidus verts du jardin apportent l’azote, tandis que les feuilles mortes, le carton brun ou les branchages fournissent le carbone.

Dans les faits, voici ce qui se passe dans un composteur en activité. Les bactéries et champignons décomposent les matières azotées, ce qui libère de la chaleur et de l’humidité. Les matières carbonées, elles, jouent un rôle de squelette : elles maintiennent des poches d’air, absorbent les jus qui coulent du centre du tas et servent de réserve d’énergie à plus long terme. Quand la proportion penche trop vers les déchets frais, le tas se tasse, l’air ne circule plus, la fermentation prend le dessus et les mauvaises odeurs arrivent. Quand il y a trop de matières sèches, le tas reste froid, sec, et les micro-organismes peinent à démarrer.

Beaucoup de nouveaux composteurs font la même erreur pendant des mois : ils ajoutent uniquement les déchets de cuisine, sans jamais compenser par des apports bruns. Résultat, le composteur devient un tube rempli de couches d’épluchures compactes qui pourrissent les unes sur les autres. Les moucherons adorent, les voisins un peu moins. À l’inverse, certaines personnes accumulent surtout les feuilles mortes à l’automne, empilées en tas compact. Sans un peu d’azote pour « lancer la machine », ce tas se comporte comme un simple stockage de feuilles, et reste quasiment inchangé au bout d’un an.

Pour que les choses soient plus visuelles, on peut résumer ce rôle croisé dans un tableau. Il ne remplace pas l’observation sur le terrain, mais aide à corriger les excès avant que le tas ne dérive.

Type de matière Exemples courants Rôle dans le compost Risques en cas d’excès
Matières azotées (vertes) Épluchures, restes de légumes, tontes de pelouse fraîches Apport d’azote, humidité, montée en température Tas collant, odeurs, moucherons, fermentation
Matières carbonées (brunes) Feuilles mortes, carton brun, brindilles, paille Structure, aération, réserve de carbone Tas sec, décomposition lente, absence de chaleur

Une bonne règle pratique consiste à viser un volume à peu près équivalent de verts et de bruns. Concrètement, chaque fois qu’un seau de déchets organiques sort de la cuisine, on l’accompagne d’un seau rempli de matières carbonées déjà préparées. Certains jardiniers gardent un sac de carton déchiré ou de broyat juste à côté du composteur, ce qui évite de « remettre à plus tard » l’ajout de ces bruns tellement utiles. Du coup, chaque ajout est équilibré, et le tas se construit correctement au fil des semaines.

Autre point à surveiller de près : l’humidité. Le bon repère, c’est la fameuse « éponge essorée ». Quand on prend une poignée de compost en cours de route et qu’on la serre, la matière doit se tenir sans ruisseler. Si de l’eau coule entre les doigts, il manque clairement de bruns. Si le mélange s’effrite, quelques apports de déchets de cuisine ou un arrosage léger seront bienvenus. Cette vérification, réalisée une fois par mois, permet souvent d’anticiper les ratés avant que le tas ne bascule.

Pour les jardiniers qui souhaitent aller plus loin, un coup d’œil aux autres gestes du jardin est utile. Par exemple, un potager paillé consomme beaucoup de feuilles mortes et de broyat, ce qui laisse un peu moins de matières sèche disponibles pour le compost. L’organisation globale du jardin compte donc autant que les apports au composteur lui-même. Et pour planifier les cultures, le calendrier détaillé disponible sur ce guide de plantation des fruits et légumes aide à prévoir quand les grands volumes de résidus de récolte vont arriver.

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Déchets de cuisine à mettre dans le compost sans transformer le bac en poubelle

Dans la plupart des foyers, la source principale de déchets organiques vient de la cuisine. La bonne nouvelle, c’est que presque tout ce qui est végétal y trouve sa place. La moins bonne, c’est que le rythme d’arrivée de ces déchets ne correspond pas toujours à celui du jardin. D’où l’intérêt de connaître précisément ce qui peut rejoindre le compost et dans quelles conditions.

Les épluchures et les restes de fruits et légumes constituent la base. Pommes, carottes, courgettes, poireaux, trognons de salade, tout cela alimente très bien le tas. Le réflexe qui change tout consiste à couper les morceaux trop gros. Une pomme entière peut rester visible pendant des mois alors qu’une pomme détaillée en dés disparaît en quelques semaines. Même chose pour les choux ou les melons : plus la surface d’attaque est grande, plus les bactéries travaillent vite.

Viennent ensuite des apports un peu plus spécifiques. Le marc de café est souvent qualifié d’« or noir du composteur ». Riche en azote, mais aussi en potassium et magnésium, il nourrit le tas et attire les vers de terre. Il ne faut toutefois pas en faire une obsession. Au-delà de 10 à 15 % du volume total, le marc forme parfois une couche compacte qui freine l’aération. Le filtre en papier, s’il est brun non blanchi, compte plutôt comme une matière carbonée, donc utile pour compenser l’humidité du marc lui-même.

Les sachets de thé et de tisane ont leur place, à condition de vérifier leur composition. De nombreux sachets dits « soyeux » sont en réalité en plastique et ne se dégradent pas. Mieux vaut alors ouvrir le sachet, vider son contenu dans le compost et jeter l’enveloppe avec les déchets non recyclables. Pensée simple mais efficace : tout ce qui ressemble à du tissu brillant a de bonnes chances d’être synthétique, donc à garder loin du compost.

Certains restes de repas offrent une ressource intéressante, notamment les pâtes, le riz ou les légumes cuits. Ils se compostent correctement s’ils ne baignent pas dans la sauce ou la graisse. L’astuce consiste à les mélanger rapidement, voire à les recouvrir de carton ou de feuilles pour éviter d’attirer les mouches. En petite quantité, ces restes enrichissent le mélange et évitent de surcharger la poubelle classique.

En revanche, un point mérite d’être tranché nettement : il reste préférable d’éviter viande et poisson dans un compost domestique classique. Non pas parce qu’ils sont impossibles à dégrader, mais parce qu’ils attirent chiens, chats, rats et provoquent des odeurs coriaces. De même, les plats très gras, les restes de friterie ou de charcuterie ne sont pas des candidats sérieux pour un composteur de jardin standard. Certaines installations collectives très gérées les acceptent, mais à l’échelle d’un foyer, la balance penche clairement vers l’exclusion.

Pour un ménage qui se met au compost, un bon réflexe consiste à placer un petit seau ventilé sur le plan de travail pour recueillir les déchets de cuisine, en prenant soin d’y mettre uniquement ce qui est accepté. En vidant ce seau dans le composteur, on recouvre aussitôt avec une ration de bruns. Ce geste devient vite automatique, au même titre que le tri du verre ou du papier. Il réduit fortement le volume de la poubelle d’ordures ménagères, tout en préparant un futur amendement pour le potager ou les massifs.

Une remarque pratique pour ceux qui cultivent des courgettes, tomates ou salades : les périodes de préparation des semis génèrent aussi beaucoup de résidus. Les questions sur le temps de levée reviennent souvent, comme on peut le voir dans ce retour d’expérience sur les semis de courgettes. Tous les godets ratés, plantules filantes ou plants desséchés finissent très bien dans le compost, à condition de ne pas être malades.

Déchets du jardin à composter : tonte, feuilles mortes, tailles et résidus de culture

Une fois la cuisine sous contrôle, le jardin prend le relais et peut fournir des quantités importantes de matière pour nourrir le compost. Tontes de gazon, taille de haies, résidus de récolte au potager : bien gérés, ces déchets deviennent une ressource. Mal gérés, ils saturent vite le composteur ou fermentent en tas compact. La question centrale est toujours la même : comment doser et préparer ces apports pour qu’ils structurent le tas au lieu de l’étouffer.

Les tontes de pelouse font partie des plus délicates. Extrêmement riches en azote et en eau, elles ont tendance à s’agglomérer en couches épaisses et étanches à l’air. Une simple poignée permet déjà de comprendre le problème : la pelouse fraîche forme une galette compacte dès qu’on la tasse un peu. Pour en tirer le meilleur, il existe deux solutions concrètes. Soit on laisse la tonte sécher une journée au soleil avant de l’incorporer, soit on la mélange aussitôt avec un volume conséquent de bruns, comme du carton déchiré ou de la paille.

Les feuilles mortes, à l’inverse, constituent l’un des meilleurs alliés du composteur. Elles sont légères, faciles à stocker dans des sacs en automne, et jouent parfaitement leur rôle de réserve de carbone. L’astuce consiste à en garder en quantité, car elles serviront de matière sèche tout au long de l’année pour accompagner les apports de cuisine. Une partie des feuilles peut aussi être utilisée en paillage direct sur les planches de culture, comme l’explique ce guide pratique sur les sources de paillage gratuit pour le potager.

Les tailles de haies, les branches fines et les tiges sèches de vivaces ont toute leur place dans un compost. Le passage au broyeur les transforme en un matériau très intéressant, souvent appelé BRF (broyat de rameaux). Ce broyat a la capacité de structurer le tas sur le long terme, de maintenir l’aération et de limiter le tassement. Sans broyeur, il est tout de même possible d’utiliser ces matières en les coupant simplement en sections plus courtes. La règle est toujours la même : plus c’est fin, plus la décomposition avance vite.

Restent les résidus de récolte du potager. Tiges de tomates, fanes de carottes, plants de haricots arrachés en fin de saison, tout cela finit très bien dans le compost, à une condition essentielle : ne pas y mettre des végétaux clairement malades. Les tomates avec mildiou, par exemple, créent souvent un doute. Certains jardiniers les compostent, d’autres les brûlent. Une approche raisonnable consiste à éviter de les mettre dans un petit compost familial si l’on n’est pas sûr d’atteindre des températures élevées au cœur du tas. Sur un gros tas très actif, le risque diminue, mais la prudence reste de mise.

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Un dernier point concerne les « mauvaises herbes ». Arrachées jeunes, sans graines formées, elles constituent un excellent apport vert. Si les plantes sont déjà montées en graines, c’est une autre histoire. Beaucoup de graines supportent une décomposition lente et se retrouvent intactes au moment d’épandre le compost au jardin. Résultat, on réensemence soigneusement les planches avec les mêmes indésirables. D’où l’intérêt de décider calmement ce qui va au compost et ce qui partira plutôt à la déchetterie verte.

Les déchets à limiter ou à proscrire : éviter plastique, viande, produits douteux

Un composteur ne doit jamais devenir une poubelle fourre-tout. Ce réflexe de bon sens évite des déconvenues assez classiques. On distingue ici deux catégories : les matières qui n’ont rien à faire dans un tas de compost, et celles qui peuvent y entrer, mais sous certaines conditions ou en très faible quantité. Le tri fin au moment de vider le seau de cuisine ou le panier de jardinage fait toute la différence sur la qualité finale du compost.

Pour commencer, les éléments non biodégradables sont à exclure sans discussion. Mieux vaut systématiquement éviter plastique, métaux, verre, textiles synthétiques, aluminium et sachets « soyeux » de thé. Ces matières ne se transforment pas, restent visibles pendant des années et donnent un aspect négligé au compost fini. Tout ce qui porte un revêtement brillant ou une impression très colorée mérite aussi un examen attentif, car certaines encres ou films de surface ne sont pas prévus pour se décomposer dans le sol.

Viennent ensuite les déchets d’origine animale et les produits très gras. Beaucoup de guides de compostage industriel les tolèrent, mais dans un jardin familial, ils apportent plus de problèmes que de solutions. Mieux vaut nettement éviter viande, poisson, produits laitiers en quantité, fromages très faits, huiles de friture et sauces grasses. Ces matières attirent les fouisseurs, produisent rapidement des odeurs puissantes et déséquilibrent l’ensemble. Même si la décomposition finit par se faire, la gêne associée ne vaut pas l’essai.

Certains papiers posent également question. Le papier essuie-tout et les mouchoirs en papier peuvent sans problème rejoindre le compost, à condition d’avoir servi à éponger de l’eau, des légumes ou des surfaces propres. S’ils sont imbibés de produits ménagers agressifs, de solvants, d’huile de moteur ou de fluides liés à des maladies virales, mieux vaut les orienter vers la poubelle classique. La logique est simple : tout ce qui risquerait de polluer le sol ou de transmettre un agent pathogène doit rester en dehors du cycle du compost.

Les litières pour animaux méritent un peu de nuance. Les litières minérales (bentonite, silice) ne se décomposent pas, il est donc inutile d’en mettre. Certaines litières végétales, à base de copeaux ou de fibres de bois, sont théoriquement compostables, mais l’urine et les excréments d’animaux carnivores peuvent apporter des germes indésirables. Pour un compost destiné au potager, beaucoup préfèrent ne pas en ajouter. Pour un compost réservé aux arbres ou aux haies, un apport modéré reste envisageable, en laissant le temps de maturation le plus long possible.

Les produits traités chimiquement demandent également une attention particulière. Chutes de bois verni, peint ou lasuré, textiles colorés, cartons avec revêtement plastique, tout cela finit dans une autre filière de déchets. Les micro-organismes du compost n’ont pas vocation à « nettoyer » des produits qui n’ont jamais eu leur place dans un sol vivant. Au contraire, ils risquent de concentrer certaines substances indésirables au lieu de les éliminer.

Cette vigilance n’empêche pas de composter généreusement, mais elle trace un cadre clair. Toute question qui commence par « est-ce que ce produit chimique peut aller dans le compost ? » appelle généralement la même réponse : non. En cas de doute, l’option la plus sage consiste à garder ces déchets hors du compost pour préserver la qualité d’un amendement qui ira nourrir légumes, fruits et fleurs.

Cas particuliers qui font débat : agrumes, coquilles d’œufs, cendres, marc de café…

Il existe une catégorie de déchets qui revient dans toutes les discussions entre composteurs. Ni franchement interdits, ni totalement anodins, ces apports demandent juste quelques précautions. Les gérer correctement permet de profiter de leurs avantages sans transformer le tas en laboratoire d’expériences hasardeuses.

Commençons par les agrumes. Orange, citron, pamplemousse sont parfois accusés de « tuer le compost ». Dans les faits, leur écorce est surtout épaisse et légèrement acide. Dans un lombricomposteur de petite taille, mieux vaut limiter sérieusement leur présence, car les vers n’apprécient pas un environnement trop acide. Dans un composteur de jardin de bon volume, les peaux d’agrumes passent sans difficulté, si on prend l’habitude de les couper en morceaux et de les mélanger avec le reste des déchets organiques. L’acidité s’atténue au fil des mois, et la matière finit par se transformer comme les autres.

Les coquilles d’œufs font partie des grands classiques. Elles n’ont pas vraiment vocation à pourrir, mais plutôt à se fragmenter peu à peu. Elles apportent du calcium, utile pour tamponner l’acidité du tas et pour la reproduction des vers de terre. Le geste le plus important consiste à les écraser finement avant de les ajouter. Des morceaux proches de la poudre se répartissent bien dans le mélange et deviennent utiles rapidement. Des demi-coquilles, elles, peuvent ressortir intactes au moment du tamisage, plusieurs saisons plus tard.

Les cendres de bois, issues d’une cheminée ou d’un poêle alimenté avec du bois non traité, contiennent beaucoup de minéraux, notamment de la potasse et du calcium. Sur le papier, elles semblent idéales. Dans la pratique, une poignée par mois suffit largement pour un composteur familial. Au-delà, le pH grimpe, ce qui freine l’activité des micro-organismes. Le bon usage consiste à saupoudrer une fine couche de cendres sur le tas, puis à recouvrir avec des matières carbonées pour éviter qu’elles ne forment une croûte imperméable.

Revenons un instant sur le marc de café. Sa réputation d’activateur est méritée, mais certains composteurs ont tendance à accumuler tous les marcs possibles, que ce soit à la maison ou en allant les chercher dans un café du coin. Résultat, le tas reçoit un afflux massif de la même matière, qui finit par se comporter comme une pâte dense. Pour éviter cet écueil, une limite autour de 10 à 15 % du volume total reste un bon repère. Mieux vaut mélanger le marc avec des feuilles, du carton ou de la paille juste avant de l’incorporer.

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Les papiers essuie-tout et les mouchoirs en papier s’intègrent sans problème dans la catégorie des bruns, du moment qu’ils n’ont pas servi à essuyer des produits trop agressifs ou des huiles mécaniques. Leur texture légère favorise l’aération, surtout si on les froisse légèrement au lieu de les plaquer en couches compactes. Pour un foyer qui cuisine beaucoup de légumes, ce papier d’essuyage devient vite une ressource plutôt qu’un déchet.

Enfin, certains noyaux de fruits comme ceux d’avocat, de pêche ou de mangue demandent une patience toute particulière. Leur structure dense ralentit la décomposition, parfois sur plusieurs années. On peut les composter, mais il ne faut pas s’étonner de les retrouver encore entiers lors de la récolte du compost. Ceux qui le souhaitent peuvent les concasser au marteau avant de les ajouter. Là encore, la règle reste la même : plus la surface exposée est grande, plus la transformation se fait vite.

Pour résumer ces cas particuliers, une liste courte vaut parfois mieux qu’un long discours :

  • Agrumes : possibles en morceaux, en quantité modérée, surtout dans un grand compost.
  • Coquilles d’œufs : excellentes, mais écrasées presque en poudre.
  • Cendres de bois : en très petites quantités, saupoudrées puis recouvertes.
  • Marc de café : très utile, mais pas plus de 10 à 15 % du volume du tas.
  • Essuie-tout et mouchoirs : oui, sauf s’ils portent des produits chimiques ou des huiles mécaniques.

Organisation pratique du composteur et liens avec le reste du jardin

Une fois la théorie des apports bien en tête, reste un point essentiel : l’organisation concrète autour du composteur. La différence entre un tas qui tourne bien et un tas à problèmes vient souvent de petits détails logistiques. Où stocker les matières carbonées ? Comment intégrer les apports du jardin sans saturer le bac ? Comment adapter la méthode à un petit espace en ville ou à un grand terrain à la campagne ?

Pour commencer, disposer de bruns sous la main change tout. Beaucoup de composteurs laissent un sac de carton brun déchiré, un bac rempli de feuilles mortes ou un tas de broyat à portée du compost. Chaque passage devient l’occasion d’ajouter, en même temps que les déchets de cuisine, une couche de matière sèche. Ce simple réflexe évite d’alterner de grosses couches de verts et de bruns, qui ont tendance à mal se mélanger.

La structure du composteur compte également. Un modèle en planches ajourées ou en plastique avec ouvertures latérales permet une bonne circulation de l’air. Certains bricoleurs fabriquent leur propre composteur avec des palettes ou des planches de récupération, suivant des plans proches de ceux détaillés dans ce tutoriel sur la fabrication de composteurs maison. L’objectif reste d’avoir un contenant facile à remplir, mais aussi à brasser et à vider.

Le brassage justement, mérite une mention à part. Remuer le tas une à deux fois par an suffit souvent à redonner de l’oxygène au cœur et à homogénéiser les différentes couches. Pas besoin d’outils compliqués : une fourche-bêche ou un simple aérateur à main fait l’affaire. Le moment le plus pratique se situe souvent à la fin de l’été, quand les apports de tonte ralentissent et que les premières feuilles mortes commencent à tomber.

Le compost ne vit pas isolé du reste du jardin. Une grande partie du matériau produit retourne au sol sous forme de paillage ou d’amendement. Épandu au pied des arbres, des haies ou sur les planches du potager, il participe à la structure du sol, améliore la rétention d’eau et fournit des éléments nutritifs de façon progressive. Beaucoup de jardiniers choisissent de coupler compostage et paillage, en gardant une partie de leurs résidus végétaux directement sur place pour protéger la terre, et en envoyant le reste au composteur pour une transformation plus complète.

Pour terminer, il faut rappeler que chaque jardin, chaque sol et chaque climat ajustent un peu la recette. Un terrain sableux très drainant appréciera des apports plus réguliers de compost mûr. Un sol lourd et argileux profitera davantage de matières grossières qui l’aèrent. Les observations au fil des saisons, les essais à petite échelle et les échanges avec d’autres jardiniers du voisinage permettent d’affiner progressivement la pratique. Si une seule idée devait ressortir de tout cela, ce serait la suivante : un compost réussi vient surtout d’apports variés, d’un peu d’attention et d’une bonne dose de patience.

Combien de temps faut-il pour obtenir un compost mûr prêt à l’emploi ?

Dans un composteur de jardin bien alimenté en matières azotées et matières carbonées, il faut compter en général entre 8 et 18 mois pour obtenir un compost mûr. Le délai dépend de la taille du tas, de l’humidité, de la fréquence de brassage et de la saison. Un tas volumineux, équilibré, brassé une ou deux fois dans l’année et protégé des fortes pluies arrive plus vite à maturité qu’un petit compost sec et peu nourri.

Comment savoir si le compost est prêt à être utilisé au potager ?

Un compost mûr présente une texture grumeleuse, une couleur brun foncé homogène et une odeur agréable de sous-bois. On ne distingue plus les épluchures ni les résidus de tontes de pelouse, sauf quelques éléments très ligneux comme les petits morceaux de bois. Au toucher, la matière se tient légèrement humide mais ne colle pas aux doigts. Si l’on voit encore clairement les apports initiaux, il est préférable de laisser le compost finir sa maturation quelques mois de plus.

Faut-il absolument un broyeur pour réussir son compost de jardin ?

Un broyeur facilite la vie, surtout pour valoriser les tailles de haies et les rameaux de fruitiers, mais ce n’est pas une obligation pour réussir un compost. Sans broyeur, il suffit de couper à la main les branches les plus grosses, de privilégier les tiges fines et de mélanger ces matières avec des apports plus souples comme les feuilles mortes ou les épluchures légumes. Le temps de décomposition sera un peu plus long pour les morceaux les plus durs, mais le résultat final reste tout à fait exploitable.

Peut-on composter sur un balcon ou dans un petit jardin urbain ?

Oui, à condition d’adapter l’équipement. Un lombricomposteur ou un petit composteur fermé convient bien aux espaces réduits. Le principe reste le même : alterner déchets organiques frais et matières sèches comme le carton brun. Dans les contextes urbains, il est encore plus important d’éviter viande, poisson et matières très odorantes pour ne pas gêner le voisinage. De nombreuses communes proposent aussi des points de collecte de biodéchets ou des composteurs partagés pour ceux qui ne disposent d’aucun espace privé.

Que faire si mon compost sent mauvais ou attire beaucoup de moucherons ?

Une forte odeur ou une invasion de moucherons indiquent en général un excès de matières azotées et une aération insuffisante. La première chose à faire est d’ajouter une bonne couche de matières carbonées sèches, comme du carton déchiré ou des feuilles mortes, puis de brasser légèrement la surface. Il est également utile de recouvrir systématiquement chaque apport de déchets organiques frais par une fine couche de bruns. En quelques semaines, l’équilibre se rétablit et les nuisances diminuent nettement.

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